AMAP (Association pour le Maintien d’un…)

Publié le Mis à jour le

Vous connaissez les AMAP ? Ces associations pour le maintien d’une agriculture paysanne. Elles permettent à un groupe de personnes de collaborer avec un agriculteur, un éleveur ou un maraicher pour la fourniture de produits locaux, de qualité, obtenus généralement en agriculture biologique ou du moins dans une démarche respectueuse des ressources et des êtres vivants. Je fais partie de celle de mon village et nous recevons chaque semaine un panier de légumes variés.

La semaine dernière c’était la réunion de fin de saison où chacun faisait le bilan. En entendant les retours de chacun, (le mien compris), j’ai pensé à mon ministère pastoral. J’ai cru y voir de nombreuses affinités avec ce mode d’organisation sociale et économique. Au point que j’ai pensé que je pourrais aussi exercer mon « métier-vocation » de pasteur sous forme d’AMAP. Cette fois ce serait plutôt une « Association pour le Maintiend d’un Accompagnement Pastoral » ou quelque chose s’en approchant !

Mon_pasteur_est_genial-arrosoir-LowRes
Quelles affinités ? Eh bien que la tâche à laquelle s’engage le cultivateur est ardue ! Car il lui faut répondre à des besoins de personnes bien différentes. Pour les uns il y a trop de choux, pour les autres pas assez. Pour certains 3 salades par semaine c’est beaucoup trop, les autres en mangeraient tous les jours. L’un est seul et n’est pas trop porté sur les légumes et le panier hebdomadaire est imposé par sa santé… Pour ma part avec ma famille nombreuse au régime peu carné, nous avalons beaucoup de légumes. Et les portions proposées dans le panier si elles sont agréablement variées sont souvent trop peu abondantes pour faire la soupe pour mes 3 enfants !
N’en est-il pas de même pour le pasteur ? Il prépare sa prédication, pour trois veuves et un malade, des vieux habitués ayant entendu plus de prédications dans leur vie que je n’en ferai sans doute jamais, parfois quelques jeunes du KT dont les habitudes cultuelles sont proches du néant, un nouveau venu débarquant d’une autre planète. Quant aux « activités » de la paroisse, c’est pareil, entre ceux qui veulent plus de culte-chez-moi-à-la-même-heure-que-d’habitude, ceux qui voudraient des cultes « plus festifs », ceux qui de toutes façon ne viennent plus. On peut se sentir découragé par tant de disparité…
C’est là que l’esprit « AMAP » peut nous éclairer.
Car après le tour de table, ce n’est pas la disparité qui ressort en premier lieu. Mais le souhait de continuer à s’engager solidairement pour ce mode de culture. Car il ne s’agit pas d’agir en « consommateurs rationnels » pour optimiser nos coûts et bénéfices, mais bien de s’engager avec d’autre, dans une relation de partenariat. Celle qui permet dans un lieu donné, avec ses contraintes climatiques, humaines, financières à vivre avec ce que la vie nous donne. Sans le renfort d’investissements disproportionnés ou de techniques prédatrices de l’environnement. S’épauler pour faire avec ce qui nous est donné et chacun du mieux possible.
Et s’il en était de même avec moi pasteur ? C’est ce que je pense dans ma vieille campagne parpaillotte qui s’essouffle peu à peu, désertifiée de ses paysans comme de ses pasteurs (et de tant d’autres choses encore) . On m’a pris parce que je suis venu, comme je suis et avec mes qualités (espérées) et mes défauts (maintenant avérés). Parce que je voulais bien vivre l’aventure de la vie d’Eglise dans ce lieu. On ne m’a pas fait passer un test de rentabilité théologique ou pratique. On m’accueille et on finance  les frais de mon ministère en acceptant de se réjouir de ce qu’il y a dans le panier théologique hebdomadaire.
Je rends grâce de cette situation.
Bien sûr elle n’empêche pas les ajustement. Si l’on préfère les choux et que je peux en produire un peu plus, j’y mettrai tout mon cœur. Mais si la récolte est moins bonne que prévu on ne m’en tiendra pas rigueur. On me fait comprendre gentiment que je pourrai mettre un peu plus de compost par ici, ou passer un peu moins de temps là.
Qui est au bénéfice de la grâce ? Surtout moi je dois bien le reconnaître. Privilège incroyable de vivre matériellement du soutien solidaire de la communauté. Pour être juste reconnaissons tout de même que comme dans l’AMAP potagère si le conjoint du pasteur apporte sa part de revenus, la situation peut être vécue paisiblement. Si ce n’est pas le cas, ou s’il vit seul, c’est plus compliqué…
Et si afin de s’encourager et d’ouvrir l’horizon de nos Eglises, nous soutenions le mouvement des AMAP ? Je peux témoigner que nous y rencontrerons des personnes dont l’état d’esprit rejoint bien des valeurs fondatrices de notre organisation ecclésiale.

 

Publicités

Une réflexion au sujet de « AMAP (Association pour le Maintien d’un…) »

    Bonnafoux a dit:
    2 mars 2015 à 14 h 02 min

    Une très bonne initiative pour une meilleure alimentation .Cette recherche du respect de la nature ma toujours intéressé et je fait tout pour aller vers cette façon de ce nourrir , ce qui est bon pour notre corps et bon pour l’esprit .

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s