La communauté pacifique qui ne craint pas ses différends…

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Mon Eglise se lance dans le débat épineux de la possible bénédiction religieuse prononcée sur un couple de personnes de même sexe… Les avis divergent. Le président du conseil national a me semble-t-il usé de pédagogie pour nous donner les moyens qu’un réel débat puisse avoir lieu en dehors des oppositions « binaires » habituelles dans l’univers médiatique. Mais l’enjeu est important : arriverons-nous à écouter, ces opinions diverses, contradictoires,  nuancées qui s’expriment dans notre Eglise sans nous laisser polariser en « pour » ou « contre ». Surtout arriverons-nous à garder avant toute chose, que membres d’une même Eglise chrétienne, nous sommes TOUS au bénéfice de l’alliance de Dieu renouvelée en Jésus-Christ et témoignant de son inconditionnelle grâce ? Quelle que soit notre orientation sexuelle et notre point de vue dans ce débat ?

Je relis ces lignes de Stanley Hauerwas :

« En tant que chrétiens, nous devons maintenir avec constance que la paix n’est pas une réalité que nous pouvons atteindre par notre propre pouvoir. Au contraire, la paix est un don de Dieu, qui est accordé uniquement quand nous nous rassemblons en communauté autour du Sauveur crucifié – un sauveur qui nous enseigne comment être pacifique dans un monde en révolte contre son vrai Seigneur. Le royaume pacifique de Dieu, comme nous l’apprenons, n’est pas fondé sur la reconnaissance de notre moralité humaine commune, mais sur notre fidélité à être la communauté pacifique qui ne craint pas nos différends ».

Le Royaume de Paix, une initiation à l’éthique chrétienne, Bayard 2006, p.55

Dieu nous donnera-t-il d’être cette communauté pacifique ?

La bienveillante au timbre d’or

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« Lassé par la fureur des moralistes, le christ se penche sur le sable et écrit quelque chose. Ce geste fait de lui le saint patron de tous ceux qui, se penchant sur un étroit rectangle de lumière et y jetant un premier mot, espèrent entendre en écho la bienveillante lumière au timbre d’or, celle que le monde ignore »

Christian Bobin in « La Chair et le Souffle » 2013 N°2 dossier « Le souffle artiste »

Les enjeux spirituels de la culture

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« Jamais, quand c’est la vie elle-même qui s’en va, on a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie, qui est à la base de la démoralisation actuelle, et le souci d’une culture qui n’a jamais coïncidé avec la vie et qui est faite pour régenter la vie. Avant d’en revenir à la culture, je considère que le monde a faim et qu’il ne se soucie pas de la culture et que c’est artificiellement que l’on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim. Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d’avoir faim que d’extraire de ce que l’on appelle la culture, les idées dont la force vivante est identique à celle de la faim. Nous avons surtout besoin de vivre et de croire à ce qui nous fait vivre et que quelque chose nous fait vivre. Et ce qui sort du dedans mystérieux de nous-mêmes ne doit pas perpétuellement revenir sur nous-mêmes dans un souci grossièrement digestif. Je veux dire que s’il nous importe à tous de manger tout de suite, il nous importe encore plus de ne pas gaspiller dans l’unique souci de manger tout de suite, notre simple force d’avoir faim. Si le signe de l’époque est la confusion, je vois à la base de cette confusion une rupture entre les choses et les paroles, les idées, les signes qui en sont la représentation. »

 Citation d’Antonin Artaud, préface de « Le théâtre et son double »

 Texte lu par Léili Anvar sur France Culture dans l’émission les Racines du Ciel du 9 mars 2014

Et si l’on remplaçait le mot « culture » par le mot « christianisme »… ?

 

Si quelqu’un du fond du cœur…

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«Si quelqu’un du fond du cœur, murmure un Nom vénérable, ce Nom ne peut signifier que l’Ouvert, une présence humaine qui brise tous les pouvoirs de fer, qui humilie les empire, qui défait fil après fil ou d’un coup tranchant, les filets qui enserrent et emprisonnent. Liberté ! Il n’y a de vérité que la chair, où l’insaisissable origine se donne comme vie et voie, par-delà toute idée, toute théorie, toute sagesse.

Rien n’est rompu, rien n’est brisé, que le sceptre de la mort. Si je murmure le Nom, c’est le nom de tous ceux que j’aime, et de tous ceux que je ne sais pas aimer, et de ces innombrables que je ne connais pas.

Je parle par là une langue inconnue à moi-même, où j’ai toujours tout à apprendre. Elle est habitée du Grand Silence qui terrifie les humains, mais qui est devenu cette chair même, cette présence humaine qui me guérit de tout.»

 Maurice Bellet,

Translation, Croyants (ou non) passons ailleurs pour tout sauver,

Bayard 2011,

p 109

Fournir la semence au semeur

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Dieu,

qui fournit la semence au semeur

et le pain pour la nourriture,

nous fournira la graine ;

il la multipliera,

il donnera toujours plus de fruit

à ce que nous accomplirons dans la justice.

(Prier l’Evangile, petite liturgie quotidienne, Ed Olivetan)

Quelle genre de société imaginons-nous de bâtir en voulant interdire la conservation des semences ?!

Si vous pensez que les semences ne doivent pas être appropriées par qui que ce soit, signez la pétition :

Liberonssemences 

 

Verras-tu la bonté de Dieu ?

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Ps 26, 13

(carte de vœux reçue de l’Abbé L. Pistre)

Oui ! Aurai-je le don de voir la bonté de Dieu agir dans notre monde ?

Pourrais-je garder cette espérance folle de ceux dont les yeux  discernent encore Dieu au cœur de l’humain ?

Aux uns les chars…

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« Aux uns les chars, aux autres les chevaux 
à nous le nom de notre Dieu : le Seigneur !
Eux, ils plient et s’effondrent.
Nous, debout nous résistons. »
                            Psaume 20, 8-9

Qu’à tout ce qui défigure la vie nous sachions résister, toujours.

Ni par puissance ni par force, mais par l’Esprit du Seigneur.

Le Christianisme peut-il être présent dans tout événement spirituel ?

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« Le christianisme traditionnel se trouve face de nos jours à un dilemme qui le laisse perplexe : quel sens peut-il y avoir à communiquer l’évangile sans esprit de compétition, dans un contexte de relations nouées avec d’autres religions ?… Pour le chrétien exclusiviste, cela n’a aucun sens. Et pourtant, c’est ce qui se passe, aujourd’hui, partout et en permanence… Faut-il y voir un enseignement que l’Esprit essaye de nous donner ? Le christianisme est peut-être en train d’apprendre que s’il est vraiment universel, il doit se trouver et se reconnaître dans toutes les formes d’expérience spirituelle de l’être humain et dans tous les types d’événement spirituel…

Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère de dialogue religieux, de tolérance, de révérence et d’enseignement mutuels que les générations précédentes n’auraient jamais pu imaginer. Sa légitimité pour les chrétiens est attestée par le fait qu’elle est on ne peut plus compatible avec la personnalité et l’exemple de Jésus. Il ne rejetait personne, tolérait tout le monde et voyait le mystère de Dieu en tout être humain et dans la nature. Il mangeait en compagnie de ceux qu’il aurait dû mépriser ; il parlait avec ceux qu’il aurait dû éviter. Il était aussi ouvert aux autres qu’il l’était à Dieu…

En Jésus, le temps et l’éternité se rencontrent, la Parole se fait paroles humaines. Mais la jonction se fait dans la pauvreté humaine en esprit. La pauvreté est le point « où le mystère infini rencontre l’existence concrète ». La pauvreté n’est pas seulement l’absence de choses, mais la conscience que l’on a besoin des autres, de Dieu. Ce besoin chez l’être humain est universel. Il est partagé par les riches et les puissants comme par les pauvres et les plus marginalisés. »

Laurence Freeman o.s.b., paru dans les lectures hebdomadaires de l’association des méditants chrétiens (www.wccm.fr)

C’est le temps de l’Avent…

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Le temps de l’Avent est bien avancé !

Voici une lecture renouvelée décoiffante, stimulante, joyeuse et profonde du texte biblique de la nativité.
L’auteur Eric Callcut est un ami, passionné du texte biblique.

Le premier opus « Le Sermon sur la Grande Butte« , m’avait enthousiasmé !

Les astres au firmament

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Pour ceux qui ne franchissent jamais les limites de la cité, les lumières de la ville sont les seuls astres qui brillent au firmament. L’éclairage municipal éclipse les étoiles et, sous l’éclat des publicités lumineuses, le clair de lune lui-même en est réduit à n’être plus qu’une incongruité à peine discernable.Ce phénomène est un symbole, une parabole en action. Mentalement et physiquement, l’homme passe la majeure partie de sa vie, dans un univers purement humain et, pour tout dire, façonné de main d’homme, isolé lui-même de l’immense cosmos non humain qui l’entoure et sans lequel il ne pourrait exister d’une manière ou d’une autre. Au cœur de cette catacombe privée, nous nous sommes construit un petit monde à nous, fait d’un étrange assortiment d’intérêts matériels et d’idéaux, de mots et de technologies, de désirs ardents et de rêves éveillés, de produits industriels et d’institutions, de dieux et de démons imaginaires. […] Pourtant, en dépit des bruits de radio et des tubes au néon, la nuit et les étoiles sont toujours là au dessus du premier arrêt d’autobus venu, juste de l’autre côté de la calotte de fumée luminescente.

Aldous Huxley, Dieu et moi. Essai sur la mystique, la religion et la spiritualité, Ed du Seuil, p. 83